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Dollar en chute, vie chère inchangée : frustration des habitants de Kinshasa

Depuis une semaine, la monnaie congolaise semble reprendre des couleurs. Le dollar américain, longtemps dominateur, est passé de 2 900 à 2 600 francs congolais, parfois même 2 500 ce mardi 01 octobre. Mais dans les rues et les marchés de Kinshasa, cette évolution, pourtant spectaculaire sur le papier, n’a pas encore changé le quotidien des habitants.

Sur l’avenue du Commerce, Mme Sifa, vendeuse de téléphones portables, raconte son désarroi. “Ça nous dérange. Vous fixez les prix, les clients discutent. Mais quand vous partez racheter les téléphones, les prix sont toujours de 28 500, 29 000 francs congolais parfois”, explique-t-elle, en réajustant les appareils posés sur son étal.

Dans une petite boutique voisine, Mme Marie partage le même sentiment. Elle parle d’une économie incompréhensible où la logique semble avoir disparu. “Je trouve que c’est une spéculation. On achète toujours au même prix qu’avant, alors que les fournisseurs parlent d’un taux à 2 600. Je ne comprends pas ce qui se passe avec notre économie”, confie-t-elle, visiblement troublée.

Le problème ne touche pas que les petits commerçants. Dans le quartier Matete, les conducteurs de motos-taxis dénoncent une situation qui les étouffe. Le prix du carburant, pourtant dépendant du dollar, reste bloqué à un niveau élevé. “Si le dollar baisse, pourquoi l’essence reste chère ? On dirait que c’est seulement à la pompe que la monnaie nationale n’a pas de valeur”, s’indigne un chauffeur, casque à la main.

Ce décalage alimente un sentiment d’injustice. Beaucoup estiment que seuls certains acteurs économiques tirent profit de la conjoncture. “Quand le dollar monte, tout de suite les prix grimpent. Mais quand il descend, personne ne bouge. C’est comme si on se moquait de nous”, déclare un client croisé au marché Gambela, un panier à moitié vide à la main.

Au-delà des témoignages, certains analystes parlent d’une inertie structurelle. Selon un économiste interrogé par notre rédaction, l’appréciation du franc congolais reste trop récente pour produire des effets réels. “Les prix ne sont pas élastiques à la baisse. Les commerçants préfèrent attendre, observer, et parfois maintenir les prix pour compenser les pertes subies quand le dollar était fort”, explique-t-il.

Dans les marchés populaires comme celui de Liberté à Masina, l’impatience est visible. Les ménagères espéraient acheter la farine, le riz ou l’huile à des prix plus abordables. Mais les vendeurs leur répètent inlassablement que les grossistes n’ont pas encore révisé leurs tarifs. Ce blocage entretient une méfiance croissante vis-à-vis du système.

L’écart entre le discours officiel et la réalité du terrain agace aussi. Alors que la Banque centrale affiche fièrement un taux à 2 605 FC pour un dollar, les cambistes de rue pratiquent librement leurs propres barèmes. À certains carrefours, le taux chute à 2 550, ailleurs à 2 500, mais sans que cela se traduise dans les étals.

Dans ce climat, la population exprime une lassitude. Les promesses de stabilisation et de pouvoir d’achat se heurtent à un mur de spéculations et de lenteurs. “On attend, mais jusque-là, rien ne change. C’est comme si le peuple ne profitait jamais de la monnaie nationale, qu’elle monte ou qu’elle descende”, regrette un père de famille rencontré à Kintambo.

Pour l’heure, Kinshasa vit dans l’expectative. L’appréciation du franc congolais, censée être une bonne nouvelle, reste pour beaucoup une énigme économique. Les regards se tournent vers les autorités, appelées à s’assurer que la baisse du dollar ne demeure pas un simple chiffre dans les bilans, mais une réalité dans le panier de la ménagère.

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