La Fonds monétaire international (FMI) dresse un constat préoccupant sur la situation budgétaire de la République du Congo. Dans sa dernière évaluation, l’institution souligne un affaiblissement des finances publiques, dans un contexte régional marqué par un accès de plus en plus limité au crédit et une exposition persistante des banques aux dettes souveraines.
Sur le plan macroéconomique, une légère amélioration de la croissance est observée. Le produit intérieur brut aurait progressé de 2,4 % en 2025, contre 2,1 % en 2024. Cette dynamique reste toutefois fragile, freinée par des investissements publics insuffisants et des perturbations récurrentes dans l’approvisionnement en énergie, deux facteurs qui continuent de peser sur l’activité globale.
Au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, le Congo conserve son rang de troisième économie, derrière le Cameroun et le Gabon. Mais cette position n’atténue pas les tensions économiques internes, amplifiées par la dépendance structurelle aux ressources naturelles.
Les indicateurs extérieurs témoignent d’un déséquilibre croissant. Le déficit du compte courant atteint désormais 5,8 % du PIB, tandis que la dette publique culmine à 97,2 % du PIB en fin d’année. Cette trajectoire s’explique en partie par une hausse significative des dépenses publiques, notamment en biens et services, au détriment des investissements structurants et des programmes sociaux.
Autre signal d’alerte, le déficit primaire hors hydrocarbures s’est élargi à 8,7 % du PIB hors secteur pétrolier. Parallèlement, l’accumulation de nouveaux arriérés, tant internes qu’externes, met en lumière les limites persistantes dans la gestion de la dette publique et la trésorerie de l’État.
Malgré ces fragilités, le FMI estime que la capacité du pays à honorer ses engagements reste “adéquate”. Néanmoins, les risques sont jugés élevés, notamment en raison des besoins importants de refinancement, de la faible profondeur des marchés financiers régionaux et de la dépendance aux fluctuations des prix du pétrole.
Ces tensions s’inscrivent dans un cadre régional plus large. L’ensemble de la zone CEMAC, composée de six économies fortement dépendantes des matières premières, fait face à un déficit de liquidité sur le marché des titres publics, compliquant le refinancement des dettes arrivant à maturité.
Les récentes opérations financières illustrent ce climat sous pression. Le Gabon a sollicité un programme du FMI, tandis que le Congo a levé 670 millions de dollars en novembre via un placement privé, assorti d’un rendement élevé de 13,7 %. Un coût d’emprunt qui traduit la perception de risque accrue des investisseurs envers les économies les plus vulnérables.
Pour 2026, les autorités congolaises affichent une volonté de redressement. Le budget prévoit une consolidation budgétaire et une réorientation vers les investissements prioritaires et les dépenses sociales. Toutefois, selon le FMI, le poids du surendettement et les besoins élevés de refinancement continuent d’exposer le pays à un durcissement des conditions de financement, notamment de la part des banques régionales.