Mobile : en cinq ans, l'économie mobile africaine pourrait faire un bond de 50 milliards de dollars
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Mobile : en cinq ans, l'économie mobile africaine pourrait faire un bond de 50 milliards de dollars

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Le téléphone portable est devenu, sans bruit, l'un des moteurs les plus puissants de l'économie africaine. La GSMA vient de le démontrer chiffres à l'appui dans son rapport Mobile Economy Africa 2026. Les technologies et services mobiles ont rapporté 240 milliards de dollars au continent en 2025, près de 8 % du PIB régional. À cela s'ajoutent 13 millions d'emplois soutenus par le secteur et 45 milliards de dollars reversés aux États sous forme de recettes publiques. Des chiffres qui en disent long sur la place qu'occupe désormais la connectivité mobile dans la trajectoire économique du continent.

Mais le rapport va plus loin qu'un simple bilan comptable. Il pointe un changement de cap chez les opérateurs télécoms africains. Pendant dix ans, ces derniers ont surtout cherché à étendre leurs réseaux et à connecter le plus grand nombre. Cette phase semble aujourd'hui derrière eux. L'enjeu n'est plus de construire des antennes mais de donner du sens à ce qui existe déjà, en s'appuyant sur l'intelligence artificielle, en multipliant les services numériques et en ouvrant leurs réseaux aux développeurs grâce à des interfaces standardisées. Les opérateurs ne veulent plus seulement vendre du réseau, ils veulent devenir des acteurs incontournables de la transformation numérique du continent.

Ce virage n'a rien d'isolé. D'après GSMA Intelligence, près de 8 opérateurs africains sur 10 placent cette ambition au sommet de leurs priorités stratégiques. Autrement dit, la majorité du secteur a déjà tranché que la connectivité seule ne suffit plus, il faut désormais que les populations, les entreprises et les administrations sachent réellement s'en servir.

Et la tendance devrait se confirmer dans les années à venir. La GSMA anticipe une contribution mobile à l'économie africaine de 290 milliards de dollars d'ici 2030. Cette progression illustre un constat partagé par l'ensemble du secteur. Le vrai défi numérique de l'Afrique n'est plus la couverture réseau, largement acquise, mais l'usage qu'on en fait au quotidien.

Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA, résume cette transition avec des mots simples. Selon lui, après avoir passé dix ans à connecter des millions de personnes et d'entreprises, le secteur mobile africain entre dans une phase où il s'agit surtout de créer de la valeur grâce à l'IA, aux services numériques et à des formes d'innovation encore émergentes. Il insiste sur le fait que cette évolution suppose des investissements dans la durée, des politiques publiques qui encouragent réellement l'innovation, et une volonté commune de ne laisser personne en dehors de cette dynamique.

Il termine sur un appel direct à toute la chaîne technologique, jusqu'aux "fabricants" de composants présents dans les appareils du quotidien. Pour lui, chacun profite d'un monde connecté, donc chacun a sa part de responsabilité. Son message est que "réduire la fracture numérique n'est pas qu'une affaire d'opérateurs, c'est un effort collectif pour rendre les technologies mobiles plus abordables et plus accessibles à tous les Africains".

Écrit par
Pistis Kayembe - Journaliste éditorialiste

Journaliste et rédacteur technique spécialisé en fintech, couvrant blockchain, crypto-actifs, paiements numériques et IA financière pour médias digitaux et réseaux sociaux.

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