Dans son rapport RSE 2025 « Grandir Ensemble », Orange Afrique et Moyen-Orient met en avant ses services financiers mobiles comme un des principaux leviers de son développement sur la région. Orange Money, Max it et Orange Bank Africa y occupent une place centrale, avec des chiffres qui témoignent d'une adoption massive de ces usages.
Orange Afrique et Moyen-Orient a dévoilé le 10 juillet à Casablanca son rapport RSE 2025, dans un contexte où le groupe vient de clôturer son plan stratégique Lead the Future sur un chiffre d'affaires en hausse de 12,2 % et un EBITDAaL en progression de 14 %. Présent dans 17 pays et fort de 179 millions de clients, l'opérateur y consacre une large partie de son rapport à l'inclusion financière, présentée comme l'un des trois leviers structurants de sa stratégie, aux côtés de l'inclusion numérique et énergétique.
Orange Money, un service devenu infrastructure sociale
Orange Money revendique 47 millions d'utilisateurs actifs et 9 milliards de transactions par an, pour 120 millions de comptes ouverts au total. Le service, disponible via un réseau d'un million de détaillants et 1,8 million de marchands actifs, dépasse largement le simple transfert d'argent entre particuliers. En République démocratique du Congo, il sert de canal de versement des salaires pour plus de 15 000 enseignants du Grand Kivu, soit plus de 5 millions de dollars distribués chaque mois dans des zones difficiles d'accès. En Côte d'Ivoire, Orange Money est le support du Programme Filets Sociaux Productifs, soutenu par la Banque mondiale, pour verser des aides aux ménages en situation d'extrême pauvreté.
Le service prend également une dimension humanitaire dans certains pays. En Jordanie, plus de 80 000 réfugiés syriens reçoivent désormais leurs aides directement sur leur téléphone, via des partenariats noués avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et plusieurs ONG internationales. Le rapport souligne par ailleurs une forte progression du réseau marchand, avec par exemple une hausse de 190 % du nombre d'accepteurs marchands au Mali en un an.
Max it et Orange Bank Africa, deux relais de croissance
La super-application Max it, qui regroupe services télécoms et financiers dans une interface unique, compte 23 millions d'utilisateurs actifs. Le rapport la présente comme un pilier de la stratégie digitale du groupe, conçu pour développer les usages numériques du quotidien et accélérer la croissance des revenus liés au digital.
Orange Bank Africa, déployée en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en Guinée, revendique quant à elle 2,4 millions de clients, dont 33 % de femmes. Le service ambitionne de démocratiser l'accès à l'épargne et au crédit dans une région où le taux de bancarisation reste proche de 30 %. Sa solution phare, Tik Tak, permet d'obtenir un microcrédit en quelques secondes depuis un mobile, sans déplacement ni formalités complexes ; les encours de crédit Tik Tak ont progressé de 31 % en un an pour atteindre 201 milliards de francs CFA, dont 40 % accordés à des femmes. En Guinée, ce modèle a été étendu via un partenariat avec Orange Microfinances Guinée, proposant des prêts et une épargne rémunérée à 3 % l'an.
Une stratégie assumée de bancarisation par le mobile
Le rapport met également en avant plusieurs partenariats commerciaux qui structurent cet écosystème financier, notamment avec des acteurs comme Birimian, Fin'Culture ou la Fondation Orange en Côte d'Ivoire, destinés à accompagner entrepreneurs et petites entreprises locales. Ces initiatives s'inscrivent dans la continuité des investissements réseau du groupe, puisque l'accès aux services financiers mobiles reste conditionné à la qualité et à la couverture des infrastructures télécoms sur ces marchés.
Au-delà de ces chiffres, le rapport replace cette stratégie financière dans le cadre plus large du plan « Trust the Future » (2026-2030), qui vise notamment 20 millions d'utilisateurs Orange Money supplémentaires. Reste que ces objectifs, comme les résultats déjà revendiqués pour 2025, proviennent d'un document produit par l'entreprise elle-même ; leur vérification indépendante, notamment sur des indicateurs comme le taux réel de bancarisation ou l'usage effectif des comptes ouverts, reste un exercice que seuls des acteurs extérieurs pourront confirmer dans la durée.