À 21 ans, sans formation informatique, quatre étudiants d’Abidjan viennent peut-être de résoudre l’un des plus grands blocages économiques africains : payer sans internet. Leur innovation s’appelle Rema, un protocole de paiement par Bluetooth qui fonctionne même en mode avion.
En Afrique, près de 40 % des zones n’ont pas de réseau stable. Résultat : dès que la connexion tombe, les paiements mobiles deviennent inutilisables et tout le monde retourne au cash… non traçable, risqué et facile à voler.
Leur idée est d’une simplicité déconcertante : tu actives le Bluetooth, tu choisis le contact à payer dans ton application bancaire habituelle, tu confirmes… et l’argent est transféré directement entre les deux téléphones, sans internet.
Chaque transaction est protégée par un chiffrement AES-256 avec une clé unique. Et mieux encore : si tu perds ton téléphone, tu ne perds pas ton argent, grâce à un système d’audit mathématique qui permet de récupérer les fonds.
Le plus fou ? Aucun d’eux n’était informaticien. Ils étudiaient la psychologie et l’économie, pour comprendre les utilisateurs et les mécanismes financiers avant même de toucher au code.
Avec seulement 13 000 FCFA, ils ont acheté un abonnement à Gemini AI, appris à programmer en cinq mois et développé leur protocole. Leur démo a été si convaincante qu’elle a attiré l’attention de la banque centrale ouest-africaine.
Leur philosophie est claire : la vision stratégique et l’agilité comptent autant que le code pur. Rema n’est pas une banque de plus, mais un fournisseur technologique pour les banques et fintech existantes.
Leur ambition est de faire du paiement hors-ligne un standard mondial, puis permettre demain le transfert sécurisé de données de santé dans les zones rurales sans internet.