L’écosystème crypto africain franchit un nouveau cap avec l’alliance entre VALR et Onafriq. L’objectif est de permettre à des millions d’utilisateurs à travers le continent d’alimenter leurs portefeuilles directement via l’argent mobile, sans passer par les circuits bancaires classiques. Cette initiative s’inscrit dans une réalité bien africaine, où le téléphone est devenu le principal point d’accès aux services financiers.
Derrière cette annonce, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Grâce au réseau d’Onafriq, près d’un milliard de portefeuilles mobiles répartis sur 43 marchés africains sont désormais connectés à cette infrastructure. Selon les projections du rapport 2025 de la GSMA, le nombre total de comptes d’argent mobile dans le monde devrait atteindre 2,1 milliards d’ici la fin de l’année 2024, confirmant l’ampleur de cette transformation.
En Afrique subsaharienne, le poids économique de l’argent mobile ne cesse de croître. En 2023, il a contribué à hauteur d’environ 190 milliards de dollars au produit intérieur brut. Dans des pays comme le Kenya, le Nigeria ou encore le Ghana, les paiements via mobile dépassent largement les cartes bancaires et les virements traditionnels pour les transactions du quotidien.
Sur le plan technique, cette collaboration repose sur l’utilisation des stablecoins pour fluidifier les opérations. Concrètement, lorsqu’un utilisateur dépose de l’argent en monnaie locale via son téléphone, la transaction est convertie et traitée en stablecoin afin de garantir rapidité et stabilité. Une fois les fonds disponibles, il peut accéder à plus de 100 crypto-actifs, dont le bitcoin, mais aussi à des produits comme le trading sur marge ou encore des actifs tokenisés, notamment l’or.
Pour Farzam Ehsani, cette avancée dépasse le simple cadre technologique. Il estime que l’argent mobile a déjà profondément changé la manière dont les Africains accèdent aux services financiers. En facilitant les dépôts en monnaie locale, cette solution ouvre la porte à une participation économique plus large, notamment pour les populations jusque-là exclues des systèmes financiers classiques.
Même son de cloche du côté de Dare Okoudjou, qui voit dans ce partenariat une opportunité majeure pour démocratiser l’accès aux actifs numériques. Avec une base potentielle d’un milliard d’utilisateurs, il considère que cette intégration permettra d’effectuer des transactions de manière plus fluide au sein de l’économie digitale. De son côté, VALR, fondée en 2018 et soutenue par des investisseurs comme Coinbase Ventures, revendique déjà plus de 1,7 million d’utilisateurs et près de 2 000 clients institutionnels, consolidant ainsi sa position sur le marché africain.