L’affaire de l’argent intercepté à l’aéroport international de Ndjili, à Kinshasa, prend une tournure plus précise après plusieurs jours d’incertitude. Ce dossier, qui avait suscité de nombreuses interrogations, a été éclairci le jeudi 9 avril par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, intervenu pour remettre les faits dans leur contexte.
Au départ, les premières informations faisaient état d’un montant estimé à 1,9 million de dollars américains. Mais après vérification, le ministre de la Justice a corrigé ces chiffres. Le montant réel s’élève désormais à 3 532 000 dollars américains, une somme saisie par les services de sécurité lors d’un contrôle à l’aéroport de Ndjili.
D’après les explications fournies par la Banque centrale du Congo, cet argent ne provenait pas d’un circuit clandestin. Il appartenait à une structure de messagerie financière reconnue, assimilée à une institution de microfinance disposant d’un agrément officiel délivré par l’autorité monétaire.
Cette organisation avait obtenu une autorisation formelle pour transporter des liquidités. L’objectif était d’alimenter ses opérations dans l’Est du pays, notamment dans des zones restées sous contrôle gouvernemental, où l’accès aux services bancaires demeure limité.
Cependant, lors des vérifications effectuées par les agents de sécurité à Ndjili, une anomalie a été relevée. Le montant effectivement transporté ne correspondait pas à celui mentionné dans les documents officiels présentés par les responsables de cette structure financière.
André Wameso a indiqué que les autorisations délivrées ne couvraient pas la totalité des fonds retrouvés sur place. Il n’a toutefois pas précisé le montant exact initialement validé par la Banque centrale, laissant ce point au cœur des investigations en cours.
Face à cet écart jugé significatif, les autorités ont pris la décision de procéder immédiatement à la saisie de l’ensemble des fonds. Une mesure conservatoire destinée à éviter toute irrégularité supplémentaire et à permettre une clarification complète de la situation.
À ce jour, les 3,5 millions de dollars sont conservés dans les coffres de la Banque centrale du Congo. Une enquête judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités. Selon les conclusions qui seront tirées, les fonds pourraient être restitués, partiellement ou totalement, ou faire l’objet d’une confiscation, accompagnée de sanctions à l’encontre des personnes impliquées.