Une fintech américaine accuse des hauts responsables congolais de corruption et de décisions arbitraires dans un contrat stratégique de numérisation des services bancaires.
Selon une plainte de 28 pages consultée par la Deutsche Welle, PayServices affirme avoir investi 72 millions de dollars pour moderniser les systèmes financiers via la Cadeco, avant d’être brutalement écartée.
Le document cite nommément plusieurs responsables de la RDC, ainsi que des membres de la famille du chef de l’État, comme impliqués dans les décisions contestées.
Face à ces accusations, le ministère des Finances rejette en bloc la plainte, la qualifie d’« infondée » et assure que l’État a agi dans le strict respect de la loi.
Dans l’opposition, le dossier est vu comme un symptôme d’un mal plus profond. Olivier Kamitatu parle d’un « brouillard organisé », rappelant que la RDC est classée 163e sur 180 par Transparency International.
Au sein de la majorité présidentielle, le discours est plus prudent. Le député UDPS Adolphe Amisi Makutano appelle à la retenue et insiste sur la nécessité de preuves solides avant toute conclusion.
Pour la société civile, cette affaire dépasse le cadre judiciaire. Jean-Claude Mputu dénonce une gouvernance défaillante, un amateurisme dangereux et craint un accord à l’amiable qui ferait encore payer le Congo.
Pendant que PayServices promet de révéler d’autres éléments dans le cadre légal, les investisseurs observent. L’issue de cette affaire pourrait redéfinir la crédibilité économique de la RDC.