Le passeport fintech existe presque partout en Afrique, pourquoi est-ce encore compliqué en RDC ?
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Le passeport fintech existe presque partout en Afrique, pourquoi est-ce encore compliqué en RDC ?

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À travers le continent, plusieurs blocs régionaux cherchent à harmoniser leurs règles fintech afin de permettre à des entreprises déjà agréées dans un pays d’opérer plus facilement ailleurs. L’idée est de réduire la répétition des procédures de licence, accélérer l’expansion transfrontalière et abaisser le coût d’entrée sur de nouveaux marchés.

En République démocratique du Congo, le constat est différent. Le pays dispose bien d’un cadre réglementaire structuré autour de la Banque centrale du Congo (BCC), mais celui-ci reste encore plus exigeant et plus procédural que dans plusieurs marchés africains déjà engagés dans des mécanismes de reconnaissance ou de convergence réglementaire.

Un marché congolais encore très encadré

La RDC ne part pas de zéro. La Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028 indique que le pays comptait déjà 23 agrégateurs fintech et 2 opérateurs de système de paiement monétique agréés par la BCC, ce qui montre qu’un écosystème existe et continue de se structurer.

Mais pour une fintech étrangère, l’entrée sur le marché congolais reste lourde. La littérature disponible sur le cadre congolais rappelle qu’une entreprise doit d’abord se constituer localement, puis obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes, avec une supervision centrale de la BCC pour les activités de paiement et d’intermédiation numérique. La BCC publie d’ailleurs une liste d’acteurs agréés, ce qui confirme un modèle d’accès fondé sur l’agrément individuel plutôt que sur une logique de passeport régional.

L’harmonisation progresse ailleurs

Dans d’autres régions, les choses avancent plus vite. En Afrique de l’Est, des initiatives autour du “digital payments passport” ou d’un passeport de paiement numérique visent à faciliter la circulation des prestataires de services de paiement entre plusieurs juridictions. En Afrique de l’Ouest, les débats sur la reconnaissance mutuelle des licences fintech entre le Ghana et le Nigeria illustrent aussi cette tendance à la simplification transfrontalière.

Ces évolutions ne signifient pas qu’un passeport fintech continental existe déjà. Elles montrent plutôt qu’une logique nouvelle est en train d’émerger : au lieu de recommencer chaque dossier d’agrément de zéro, certains régulateurs cherchent à s’appuyer sur la confiance accordée par un autre superviseur.

Pour la RDC, un mécanisme de passeport fintech ou de reconnaissance mutuelle aurait des effets directs. Il pourrait réduire les coûts d’expansion pour les entreprises, accélérer l’arrivée de nouveaux services et favoriser une plus grande interopérabilité régionale. Il renforcerait aussi l’attractivité du marché congolais auprès d’investisseurs qui hésitent aujourd’hui à cause de la complexité réglementaire et du temps nécessaire pour obtenir les autorisations.

Le vrai enjeu n’est donc pas seulement de “copier” ce qui se fait ailleurs. Il s’agit surtout d’adapter la réglementation à un marché encore fragmenté, où la confiance, la conformité et l’interopérabilité doivent avancer ensemble

Écrit par
Pistis Kayembe - Journaliste éditorialiste

Journaliste et rédacteur technique spécialisé en fintech, couvrant blockchain, crypto-actifs, paiements numériques et IA financière pour médias digitaux et réseaux sociaux.

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