Le samedi 28 février, à Kinshasa, une nouvelle étape a été franchie dans la modernisation des services publics locaux. Le gouverneur Daniel Bumba a procédé au lancement d’un guichet de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), directement intégré à un point RAKKACash, fruit d’une collaboration avec BGFIBank RDC. L’opération est présentée comme une avancée destinée à rapprocher l’administration fiscale des outils financiers numériques.
Désormais, les contribuables peuvent, dans un même lieu, régler leurs taxes, créer un compte RAKKACash, réaliser des dépôts ou des retraits et obtenir une carte Visa prépayée. Ce regroupement de services vise à corriger une faiblesse structurelle : la dispersion des canaux de paiement et l’ampleur de l’économie informelle dans la capitale.
Pour l’exécutif provincial, l’enjeu dépasse la simple innovation technique. En concentrant les transactions dans un cadre formalisé, les autorités entendent renforcer la traçabilité des recettes et limiter les pertes liées aux circuits parallèles. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des finances locales, alors que la pression sur la mobilisation des ressources propres s’intensifie.
De son côté, BGFIBank RDC poursuit une logique d’intégration des solutions de paiement au service des institutions publiques. En occupant une position charnière entre fiscalité et services financiers, la banque consolide son rôle dans la formalisation des flux économiques, un défi majeur dans un environnement marqué par une forte dollarisation et un faible taux de bancarisation.
La réussite du dispositif dépendra toutefois de son déploiement à grande échelle. Son efficacité future suppose une modernisation continue des infrastructures, notamment des systèmes d’information et des mécanismes de sécurisation des données. Sans ces prérequis, préviennent certains observateurs, l’initiative pourrait demeurer limitée à un projet pilote.
Plus largement, l’expérience kinoise illustre une tendance observée en Afrique centrale : la convergence progressive entre administration fiscale et services financiers numériques. À travers ces dispositifs hybrides, la technologie devient à la fois un outil d’optimisation de la collecte publique et un levier d’inclusion économique.