Le financement des startups africaines, longtemps dominé par la fintech, semble amorcer une évolution. Après une année 2025 largement marquée par la suprématie des technologies financières, les premiers indicateurs de 2026 laissent entrevoir un élargissement de l’intérêt des investisseurs vers d’autres secteurs de l’économie numérique et des infrastructures.
Selon les données publiées par TechCabal Insights, les jeunes entreprises africaines ont mobilisé 575 millions de dollars à travers 58 opérations entre janvier et février 2026. Cette enveloppe n’a pas bénéficié uniquement aux fintechs. Il y a aussi les startups opérant dans la logistique, le transport et l’énergie captent désormais une part croissante des capitaux, signe d’un intérêt accru pour les solutions liées à la mobilité et aux infrastructures.
Au mois de janvier, la fintech a néanmoins conservé sa position dominante. Le secteur a totalisé 131,6 millions de dollars de financement, porté notamment par les levées de fonds réalisées par les entreprises égyptiennes ValU et NowPay. Durant cette période, la logistique et le transport se sont classés en deuxième position avec 27,1 millions de dollars levés.
La tendance a cependant changé dès le mois suivant. En février 2026, la logistique et le transport ont pris la tête des secteurs les mieux financés avec 119,6 millions de dollars collectés. Cette progression s’explique en grande partie par deux levées majeures : celle de Spiro, spécialisée dans l’e-mobilité, qui a obtenu 57 millions de dollars, et celle de GoCab, qui a sécurisé 45 millions de dollars.
Dans le même temps, la fintech a reculé dans le classement des secteurs financés. Elle n’a attiré que 54,1 millions de dollars, se retrouvant en quatrième position, derrière notamment les startups de l’énergie et de l’eau. Ce dernier segment a enregistré 94 millions de dollars d’investissements, principalement grâce à la levée de fonds de SolarAfrica, qui a capté à elle seule 94 millions de dollars.
Cette évolution confirme une dynamique déjà perceptible l’an dernier. En janvier 2025, la fintech dominait largement les levées de fonds tandis que les secteurs énergie et eau arrivaient en seconde position avec près de la moitié des montants obtenus par la fintech. Un mois plus tard, en février 2025, la fintech restait leader mais la logistique et le transport gagnaient du terrain, réunissant plus de la moitié des capitaux levés par la fintech sur la période.
Le paysage des investissements se diversifie également avec l’apparition de startups deep-tech. La société nigériane Terra Industries, active dans la technologie de défense et la fabrication avancée, a ainsi levé plus de 33 millions de dollars à travers deux opérations depuis le début de 2026, afin d’accélérer le développement de ses capacités industrielles. Ce type d’investissement illustre un intérêt croissant pour les infrastructures technologiques et industrielles.
Parallèlement, le secteur agritech tente de reprendre des couleurs après une année difficile. Les financements y sont passés de 206,9 millions de dollars en 2024 à 168,1 millions de dollars en 2025, avant de chuter à seulement 200 000 dollars en janvier 2026. La situation s’est toutefois améliorée en février grâce à la levée de 50 millions de dollars par l’entreprise égyptienne Breadfast et aux 5 millions de dollars obtenus par Lovegrass Ethiopia, portant les financements du mois à environ 55 millions de dollars. Même si ce niveau reste inférieur à celui des secteurs comme la logistique, l’énergie ou la fintech, il pourrait signaler un regain d’intérêt des investisseurs pour l’innovation agricole.