Swift dévoile sa blockchain mondiale : 17 banques embarquées, quel impact pour l'Afrique et l'UEMOA ?
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Swift dévoile sa blockchain mondiale : 17 banques embarquées, quel impact pour l'Afrique et l'UEMOA ?

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Le géant de la messagerie interbancaire mondiale franchit un cap technologique majeur. Swift a annoncé le déploiement effectif de sa technologie blockchain sur six continents, avec 17 grandes banques internationales déjà engagées dans cette première vague, ouvrant la voie à des paiements transfrontaliers disponibles 24 heures sur 24, week-ends compris.

L'annonce, rendue publique par le réseau bancaire mondial, concerne un dispositif inédit de dépôt tokénisé. Concrètement, un dépôt bancaire classique est converti en jeton numérique sécurisé, inscrit sur un registre partagé, ce qui permet de transférer ce titre de propriété instantanément et de manière transparente, où que se trouve le bénéficiaire. BNP Paribas, Citi, UBS, HSBC, Wells Fargo, MUFG Bank ou encore First Abu Dhabi Bank figurent parmi les institutions pionnières de ce chantier, aux côtés de Standard Chartered, ANZ, BNY, DBS, Itaú Unibanco, Lloyds Bank, Mashreq, OCBC, UOB et FirstRand Bank Limited.

Du côté des établissements pilotes, le discours converge vers une même idée : celle d'un gain d'efficacité tangible pour les capitaux des entreprises clientes. Pierre Fersztand, directeur mondial de la gestion de trésorerie, des paiements et de l'affacturage chez BNP Paribas, évoque des transactions plus rapides, plus transparentes et mieux sécurisées. Chez Citi, Debopama Sen, responsable des services de paiement, met en avant l'infrastructure de messagerie fondée sur la blockchain, capable selon elle de générer des solutions interopérables entre systèmes autrefois cloisonnés.

Cette interopérabilité constitue précisément l'argument central avancé par UBS. Andreas Kubli, directeur général et responsable du groupe Actifs numériques de la banque suisse, y voit le levier indispensable pour faire sortir les dépôts tokénisés du cadre restreint des institutions individuelles. À ses yeux, le registre Swift représente une initiative sectorielle de premier plan, susceptible de relier entre eux les réseaux de monnaie numérique et d'ouvrir la voie à un règlement en temps réel. Mahesh Kini, responsable mondial de la gestion de trésorerie chez Standard Chartered, complète ce constat en soulignant le gain de visibilité et de contrôle sur les liquidités que procure cette alliance entre dépôts tokénisés et réseau mondial.

Pour le continent africain, régulièrement pénalisé par des délais et des coûts élevés sur les transactions internationales, l'enjeu dépasse la simple prouesse technique. Une infrastructure financière fonctionnant sans interruption pourrait accélérer sensiblement les échanges commerciaux entre les entreprises africaines et leurs partenaires étrangers. Plusieurs analystes y voient d'ailleurs une réponse directe à la montée en puissance des cryptomonnaies privées et des stablecoins sur le continent. En s'emparant elle-même de la blockchain, Swift propose une alternative institutionnelle qui est la vitesse des actifs numériques, sans que les fonds ne quittent le circuit bancaire officiel.

Dans la zone UEMOA, les répercussions s'annoncent particulièrement sensibles. Longtemps tributaires de grands correspondants bancaires occidentaux pour leurs opérations en devises, les banques de l'Union devront accélérer leur propre mue numérique sous peine de décrochage. Les filiales locales de groupes internationaux déjà connectés à Swift pourraient, elles, optimiser leur trésorerie en temps réel et limiter les liquidités immobilisées à l'étranger.

Écrit par
Pistis Kayembe - Journaliste éditorialiste

Journaliste et rédacteur technique spécialisé en fintech, couvrant blockchain, crypto-actifs, paiements numériques et IA financière pour médias digitaux et réseaux sociaux.

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