Le 1er juillet 2026, Google a présenté à Johannesburg son projet le plus ambitieux pour le continent africain. Un hub de connectivité baptisé "Digital Exchange Port", implanté dans la province du Cap-Oriental. Cette infrastructure, dévoilée lors du premier Google Cloud Summit organisé en Afrique, marque le point de départ d'un programme plus vaste incluant trois autres centres similaires promis par le géant américain.
L'annonce a eu lieu au Centre de conventions de Sandton, devant plus de 2 500 développeurs et décideurs venus assister à cet événement inédit. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en personne a ouvert les travaux, signe de l'importance accordée par Pretoria à ce projet. Concrètement, le nouveau port numérique doit positionner l'Afrique du Sud comme un carrefour incontournable des échanges internationaux, en la reliant à l'Australie grâce au câble sous-marin Umoja et en ouvrant une nouvelle voie de connexion vers l'Inde. L'objectif affiché est de rendre les services cloud plus fiables sur le continent et donner un coup d'accélérateur à son économie numérique.
Cette annonce ne s'est pas limitée aux infrastructures physiques. Le sommet a aussi été l'occasion de dérouler plusieurs initiatives regroupées sous le nom "Building for Africa", qui s'inscrivent dans l'enveloppe d'un milliard de dollars déjà engagée par Google sur le continent. Parmi elles figure le lancement au Ghana du premier laboratoire d'intelligence artificielle appliquée d'Afrique, où chercheurs de Google et entrepreneurs locaux travailleront main dans la main pour tenter de faire émerger de futures licornes technologiques africaines.
D'autres volets concernent directement la formation et l'inclusion. Un partenariat noué avec le groupe Akuna, doté de plus d'un million de dollars via Google.org, doit permettre à des créateurs sous-représentés d'accéder à des formations en intelligence artificielle. À Soweto, un centre d'innovation numérique verra également le jour aux côtés de WeThinkCode, avec pour ambition de donner leur chance à des talents habituellement laissés de côté par le secteur technologique. La cohorte 2026 du Google Startups Accelerator, qui ouvrira bientôt ses candidatures, accompagnera quant à elle quinze jeunes entreprises sud-africaines spécialisées dans l'IA.
Pour Maureen Costello, vice-présidente de Google Cloud en charge du Royaume-Uni, de l'Irlande et de l'Afrique subsaharienne, ce déploiement traduit un changement de phase sur le terrain. Selon elle, les entreprises africaines ne se contentent plus de tester l'intelligence artificielle à petite échelle ; notamment des groupes comme Vodacom, Discovery, Pepkor ou Naspers construisent désormais de véritables agents autonomes destinés à répondre à des problématiques locales concrètes. Cette dynamique s'appuie sur la région Cloud de Johannesburg, lancée l'an dernier, dont les retombées économiques attendues sont considérables avec 90,6 milliards de dollars de production économique supplémentaire et près de 314 900 emplois soutenus d'ici 2030.
L'avenir dira si ces annonces, aussi structurantes soient-elles sur le papier, se traduiront par des effets tangibles pour les populations et les entrepreneurs locaux dans les années à venir, ou si elles resteront cantonnées aux discours d'estrade des grands sommets technologiques.